Conseil Supérieur d’Ahl-ul Bayt pour la Culture et le Développement au Burkina Faso

Conseil Supérieur Ahl-ul Bayt pour la Culture et le Développement (CSA/CD) 

Entre-Nous

Entre-Nous (11)

1 Dr Sana qui a animé la conférence est titulaire de 2 doctorats

Ouagadougou a abrité, le dimanche 8 janvier 2017, une conférence publique organisée par la Coordination islamique des jeunes musulmans pour la promotion de la paix. Cette conférence sur « l’unification de la jeunesse musulmane pour la culture du civisme et la préservation de la paix au Burkina Faso » a été patronnée par le moogho naaba Baongho et a connu la participation des représentants du Cardinal Philippe Ouédraogo.

La promotion du civisme et de la paix préoccupe la jeunesse de la communauté musulmane. Il en est de même pour les jeunes du mouvement Tidjania. C’est pourquoi la jeunesse de ces deux structures réunies au sein de la Coordination islamique des jeunes musulmans pour la promotion de la paix (CIJMPP) travaille « la main dans la main » pour prêcher la « bonne parole » de la paix et du civisme. La conférence publique sur le thème de « l’unification de la jeunesse musulmane pour la culture du civisme et la préservation de la paix au Burkina Faso » animée le 8 décembre s’inscrit dans cette perspective. Cette conférence, a été organisée avec le soutien et la bénédiction de plusieurs autorités et leaders religieux dont le Moogho Naaba Baongho (patron de l’activité), les Cheicks Aboubacar Maїga II de Ramatoulaye, Aboubacar Khassoum Sana, Mahamoudou Bandé, Aboubacar Doukouré. Elle a connu la participation du président de la communauté musulmane, Abdrahmane Sana, du Tidjania, El Hadj Amadé Bangrin Ouédraogo, du Secrétaire exécutif national de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), Cheick Sidi Mohammed Koné, du président du Conseil supérieur d’Ahlul Bayt pour la culture et le développement au Burkina Faso (CSA/CD), Mahamadi Tao. A ces personnalités qui ont suivi la conférence, s’ajoutent le représentant du ministre en charge de l’administration territoriale, Dramane Sanou et les membres de la délégation de l’église catholique envoyés par le Cardinal Philippe Ouédraogo composés de Maurice Damiba et de Thomas d’Aquin Somé. En clair, plusieurs personnalités musulmanes et catholiques étaient fortement mobilisées autour de la conférence animée par Cheick Dr Halidou Sana. Celui-ci a rappelé, dans son exposé, que l’islam dérive du mot « salaam » qui signifie ‘’paix’’ en arabe.

2 La cuvette du palais des sports a refusé du monde

Il a expliqué que l’islam a été révélé à l’humanité pour instaurer une vie paisible, remplie de Compassion et de  Miséricorde d’Allah sur terre. Il s’agit d’une religion de paix, de pardon, de tolérance, de respect envers le prochain. Ces valeurs cardinales constituent des repères à suivre par les jeunes musulmans, foi de Dr Sana qui les a invités à avoir constamment la crainte de Dieu et cultiver l’amour du prochain ainsi que l’esprit de solidarité, de compassion, de civisme, de patriotisme, de fraternité, etc.  « Nous avons livré un message de pardon aux jeunes pour leur demander de s’aimer, de se pardonner et de s’écouter, de respecter leurs frères et sœurs des autres religions. C’est par le respect que nous pouvons convaincre les autres à adhérer à notre religion, pas avec le mépris, ni la guerre. Les jeunes musulmans doivent donner le bon exemple » a confié le conférencier. Pour lui, les Burkinabè sont avant tout des frères et sœurs et ne doivent en aucun cas se regarder en chiens de faïence malgré la diversité de leurs opinions et de leurs convictions religieuses. «L’union faisant la force, nous devons nous unir car une seule main ne peut pas ramasser de la farine. Nous devons travailler ensemble dans le respect mutuel et la tolérance pour développer notre pays en préservant la paix sociale » a soutenu Cheick Halidou Sana lors de sa conférence animée dans la cuvette du palais des sports de Ouaga 2000 qui, à l’occasion, a refusé du monde. De quoi donner des motifs de satisfaction aux initiateurs qui ont réussi à relever le défi de la première conférence islamique du genre.

« Le dialogue interreligieux est en marche »

Pour un coup d’essai, ce fut visiblement un coup de maître, a reconnu le président du comité d’organisation, El Hadj Salif Tassembédo. « C’est notre 1ère édition, on ne s’attendait pas à ça. On a osé et ça marché » se félicite-t-il en invitant la jeunesse à jouer son rôle dans la promotion de la paix. « La conférence a été organisée pour permettre aux jeunes de comprendre l’importance de la paix et de la cohésion sociale. Nous avons maintes fois été voir le Moogho Naaba et il ne fait que nous répéter les mêmes mots à savoir la paix. Raison pour laquelle la jeunesse des deux associations s’est concertée pour aller voir Sa Majesté pour qu’il nous permette d’organiser une conférence sur le thème de la paix. Il a accepté l’idée et a bien voulu patronner l’activité » a expliqué El Hadj Tassembédo. Celui-ci s’est, du reste, réjoui de la participation remarquable des invités spéciaux à savoir les représentants du Cardinal Philippe Ouédraogo qui ont suivi l’intégralité des échanges de la conférence qui ont durée plus de 2 heures et qui ont été parmi les derniers invités à quitter le lieu de la conférence. Cette assiduité est la preuve, de l’avis de Salif Tassembédo, que le dialogue inter-religieux est en marche et qu’ensemble, les musulmans et les chrétiens doivent s’unir pour promouvoir des valeurs qui consolident la paix et la cohésion sociale.  

Saïdou Zoromé

 Le cardinal Philippe Ouédraogo à droite saluant Cheick Aboubacar Doucouré photo dillustration

Le message de soutien fraternel du Cardinal Philippe Ouédraogo

Que la paix et la miséricorde de Dieu se répandent sur vous tous. Je vous salue et vous le transmets de la part de son éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Il est heureux d’avoir reçu l’invitation pour participer à cette rencontre. Empêché, il nous demande de venir le représenter et vous féliciter. Il a délégué, nous autres, membres de la commission catholique pour le dialogue islamo-chrétien. Qui dit dialogue dit recherche  de connaissance de l’autre, de son amitié, de sa fraternité. C’est pour cela qu’il vous félicite et vous dit ceci : « Jeunes musulmans, tout ce que vous avez entrepris est une très belle œuvre parce que c’est un thème qui est à jour dans nos pays et dans le monde d’aujourd’hui. Oui, jeunes, Saint Paul nous dit : celui qui dit qu’il aime Dieu et n’aime pas son prochain est un menteur. Oui, l’unification de la jeunesse musulmane pour être le reflet du civisme et de la paix relève de l’amour du prochain. Oui, nous vous disons que vous devez vous unir et à partir de vous, faire tâche d’huile sur toute la jeunesse du Burkina Faso de quelque bord qu’elle soit. Il nous prie de vous transmettre ses vœux les meilleurs pour une bonne année 2017 de paix, d’entente, de coordination dans nos actions. Que cette première conférence connaisse un grand succès pour d’autres à venir où il pourra, si Dieu le veut, participer avec vous. Félicitations ! Que Dieu vous bénisse !

Message lu par Damiba recueilli par S.Z

 

Conférence islamique sur la paix : des participants apprécient de façon positive

A l’issue de la conférence qui a mobilisé des chrétiens et musulmans, des participants n’ont pas caché  leur satisfaction de cette initiative qui contribue à préserver la paix. Trouvez à travers ces lignes quelques appréciations de personnalités recueillies pour vous.  

1 Mahamadi Tao du CSA CD

Cheick Mahamadi Tao, président du Conseil supérieur d’Ahlul Bayt pour la culture et le développement au Burkina Faso (CSA/CD) : « Le thème sur la paix est très important »

Nous sommes venus participer à cette conférence islamique qui revêt d’une importance capitale car elle permet de véhiculer un message fort en islam qui est la paix. L’union et l’unité de tous les musulmans constituent aujourd’hui une nécessité absolue. Le conférencier a montré dans sa communication que  tous les musulmans doivent s’unir. Il a rappelé que les différentes structures créées ne doivent pas constituer des sources de division entre les musulmans. Ces structures doivent contribuer plutôt à promouvoir l’unité, l’entente et la paix entre les musulmans d’une part,  et de l’autre,  entre eux et leurs frères et sœurs des autres confessions religieuses. Dr Sana a insisté sur cela et montrer que les éminents intellectuels musulmans (imams, cheiks, docteurs, …) doivent jouer leur partition dans l’éducation de la jeunesse en faveur de la paix, de la solidarité et de l’union sacrée entre les musulmans. Il a indiqué que la recherche de la paix doit constituer une préoccupation pour tout le monde et chaque musulman doit contribuer à relever ce défi. Plusieurs éminents intellectuels musulmans ont balisé le terrain pour favoriser la pratique de  cette religion et nous devons nous rappeler d’eux et leur donner du respect et de la considération.

2 Cheich Sidi Mohamed Koné de la FAIB

Cheick Sidi Mohammed Koné, Secrétaire exécutif national de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) : «Nous devons agir dans le sens de la paix »

J’apprécie très positivement cette initiative de la CIJPMPP pour cette conférence sur la paix qui s’inscrit en droite ligne de la vision de la FAIB qui est de réunir l’ensemble des musulmans sur des initiatives qui encouragent des actions de paix. Et ça c’est à l’honneur des organisateurs surtout en ces moments difficiles où toute la communauté nationale doit demeurer soudée et solidaire. Parler de la paix renvoie à l’islam parce qu’étymologiquement, l’islam veut dire paix. Il faut répéter ça plusieurs fois pour que les jeunes puissent comprendre que nous devons agir dans le sens de la paix à tout moment et à tout endroit. Je salue l’exposé qui a été fait et qui avec une pédagogie hors pair permettra aux jeunes de comprendre la ligne qu’il faut pour instaurer définitivement la paix au Burkina Faso.

3 Cheich Souffi saluant la délégation de léglise catholique 2

Maurice Damiba, porte-parole de la délégation de l’Eglise catholique : « Nous sommes heureux que l’invitation nous soit arrivée »

Nous ne pouvons que féliciter les initiateurs de cette conférence qui vient à point nommé. Notre jeunesse est à la recherche de ses repères et de vraies valeurs. Il faut que nous fassions tout pour leur accorder le but de ses recherches. Nous sommes heureux que l’invitation nous soit arrivée et c’est pour cela que nous sommes venus, délégués par son éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Les membres de la commission pour la promotion du dialogue islamo-chrétien organisent chaque mois pour le public, une rencontre et en priorité, nous invitons les couples mixtes (l’un est musulman, l’autre est catholique) pour que nous nous connaissions. A ces rencontres, nous demandons à un musulman et à un prêtre de venir soutenir une conférence sur un thème donné : par exemple, l’éduction des enfants, la vie sociale, etc. A part cela, nous organisons tous les 3 mois, des rencontres pour la formation des responsables du dialogue de différentes paroisses de notre archidiocèse. Il y a une trentaine de paroisses et nous les invitons pour une formation en moyenne tous les 3 mois. Et bien sûr, à chaque fois qu’il y a une rencontre avec nos frères musulmans, nous sommes là. Et à chaque fois que nous avons des manifestations, nous les invitons. En plus, à chaque fête de la Tabaski ou du Ramadan, nous participons à la prière, nous prions à notre manière mais avec eux et pour eux. Ensuite, nous rendons visite aux responsables dont le Moogho Naaba, Cheick Doukouré, l’imam Aboubacar Sana, et nous prions avec eux.            

Dramane Sanou, représentant du ministre d’Etat, Simon Compaoré

Au Burkina Faso, nous sommes dans une situation où le pays a besoin de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale et j’en passe. C’est pourquoi je salue la tenue de cette conférence islamique, je remercie les organisateurs pour le thème et la vision. A voir l’union des différentes communautés islamiques, cela traduit que l’union est de mise. Comme le dit l’adage, l’union fait la force mais également, l’union fait la nation. Je ne doute pas que sortiront de cette conférence, des bénédictions et des doua qui contribueront à faire du Burkina Faso, un pays de paix, de solidarité (…).  

Propos recueillis par Saïdou Zoromé

1 Dr Sana qui a animé la conférence est titulaire de 2 doctorats

Ouagadougou a abrité, le dimanche 8 janvier 2017, une conférence publique organisée par la Coordination islamique des jeunes musulmans pour la promotion de la paix. Cette conférence sur « l’unification de la jeunesse musulmane pour la culture du civisme et la préservation de la paix au Burkina Faso » a été patronnée par le moogho naaba Baongho et a connu la participation des représentants du Cardinal Philippe Ouédraogo.

La promotion du civisme et de la paix préoccupe la jeunesse de la communauté musulmane. Il en est de même pour les jeunes du mouvement Tidjania. C’est pourquoi la jeunesse de ces deux structures réunies au sein de la Coordination islamique des jeunes musulmans pour la promotion de la paix (CIJMPP) travaille « la main dans la main » pour prêcher la « bonne parole » de la paix et du civisme. La conférence publique sur le thème de « l’unification de la jeunesse musulmane pour la culture du civisme et la préservation de la paix au Burkina Faso » animée le 8 décembre s’inscrit dans cette perspective. Cette conférence, a été organisée avec le soutien et la bénédiction de plusieurs autorités et leaders religieux dont le Moogho Naaba Baongho (patron de l’activité), les Cheicks Aboubacar Maїga II de Ramatoulaye, Aboubacar Khassoum Sana, Mahamoudou Bandé, Aboubacar Doukouré. Elle a connu la participation du président de la communauté musulmane, Abdrahmane Sana, du Tidjania, El Hadj Amadé Bangrin Ouédraogo, du Secrétaire exécutif national de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), Cheick Sidi Mohammed Koné, du président du Conseil supérieur d’Ahlul Bayt pour la culture et le développement au Burkina Faso (CSA/CD), Mahamadi Tao. A ces personnalités qui ont suivi la conférence, s’ajoutent le représentant du ministre en charge de l’administration territoriale, Dramane Sanou et les membres de la délégation de l’église catholique envoyés par le Cardinal Philippe Ouédraogo composés de Maurice Damiba et de Thomas d’Aquin Somé. En clair, plusieurs personnalités musulmanes et catholiques étaient fortement mobilisées autour de la conférence animée par Cheick Dr Halidou Sana. Celui-ci a rappelé, dans son exposé, que l’islam dérive du mot « salaam » qui signifie ‘’paix’’ en arabe.

2 La cuvette du palais des sports a refusé du monde

Il a expliqué que l’islam a été révélé à l’humanité pour instaurer une vie paisible, remplie de Compassion et de  Miséricorde d’Allah sur terre. Il s’agit d’une religion de paix, de pardon, de tolérance, de respect envers le prochain. Ces valeurs cardinales constituent des repères à suivre par les jeunes musulmans, foi de Dr Sana qui les a invités à avoir constamment la crainte de Dieu et cultiver l’amour du prochain ainsi que l’esprit de solidarité, de compassion, de civisme, de patriotisme, de fraternité, etc.  « Nous avons livré un message de pardon aux jeunes pour leur demander de s’aimer, de se pardonner et de s’écouter, de respecter leurs frères et sœurs des autres religions. C’est par le respect que nous pouvons convaincre les autres à adhérer à notre religion, pas avec le mépris, ni la guerre. Les jeunes musulmans doivent donner le bon exemple » a confié le conférencier. Pour lui, les Burkinabè sont avant tout des frères et sœurs et ne doivent en aucun cas se regarder en chiens de faïence malgré la diversité de leurs opinions et de leurs convictions religieuses. «L’union faisant la force, nous devons nous unir car une seule main ne peut pas ramasser de la farine. Nous devons travailler ensemble dans le respect mutuel et la tolérance pour développer notre pays en préservant la paix sociale » a soutenu Cheick Halidou Sana lors de sa conférence animée dans la cuvette du palais des sports de Ouaga 2000 qui, à l’occasion, a refusé du monde. De quoi donner des motifs de satisfaction aux initiateurs qui ont réussi à relever le défi de la première conférence islamique du genre.

« Le dialogue interreligieux est en marche »

Pour un coup d’essai, ce fut visiblement un coup de maître, a reconnu le président du comité d’organisation, El Hadj Salif Tassembédo. « C’est notre 1ère édition, on ne s’attendait pas à ça. On a osé et ça marché » se félicite-t-il en invitant la jeunesse à jouer son rôle dans la promotion de la paix. « La conférence a été organisée pour permettre aux jeunes de comprendre l’importance de la paix et de la cohésion sociale. Nous avons maintes fois été voir le Moogho Naaba et il ne fait que nous répéter les mêmes mots à savoir la paix. Raison pour laquelle la jeunesse des deux associations s’est concertée pour aller voir Sa Majesté pour qu’il nous permette d’organiser une conférence sur le thème de la paix. Il a accepté l’idée et a bien voulu patronner l’activité » a expliqué El Hadj Tassembédo. Celui-ci s’est, du reste, réjoui de la participation remarquable des invités spéciaux à savoir les représentants du Cardinal Philippe Ouédraogo qui ont suivi l’intégralité des échanges de la conférence qui ont durée plus de 2 heures et qui ont été parmi les derniers invités à quitter le lieu de la conférence. Cette assiduité est la preuve, de l’avis de Salif Tassembédo, que le dialogue inter-religieux est en marche et qu’ensemble, les musulmans et les chrétiens doivent s’unir pour promouvoir des valeurs qui consolident la paix et la cohésion sociale.  

Saïdou Zoromé

 Le cardinal Philippe Ouédraogo à droite saluant Cheick Aboubacar Doucouré photo dillustration

Le message de soutien fraternel du Cardinal Philippe Ouédraogo

Que la paix et la miséricorde de Dieu se répandent sur vous tous. Je vous salue et vous le transmets de la part de son éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Il est heureux d’avoir reçu l’invitation pour participer à cette rencontre. Empêché, il nous demande de venir le représenter et vous féliciter. Il a délégué, nous autres, membres de la commission catholique pour le dialogue islamo-chrétien. Qui dit dialogue dit recherche  de connaissance de l’autre, de son amitié, de sa fraternité. C’est pour cela qu’il vous félicite et vous dit ceci : « Jeunes musulmans, tout ce que vous avez entrepris est une très belle œuvre parce que c’est un thème qui est à jour dans nos pays et dans le monde d’aujourd’hui. Oui, jeunes, Saint Paul nous dit : celui qui dit qu’il aime Dieu et n’aime pas son prochain est un menteur. Oui, l’unification de la jeunesse musulmane pour être le reflet du civisme et de la paix relève de l’amour du prochain. Oui, nous vous disons que vous devez vous unir et à partir de vous, faire tâche d’huile sur toute la jeunesse du Burkina Faso de quelque bord qu’elle soit. Il nous prie de vous transmettre ses vœux les meilleurs pour une bonne année 2017 de paix, d’entente, de coordination dans nos actions. Que cette première conférence connaisse un grand succès pour d’autres à venir où il pourra, si Dieu le veut, participer avec vous. Félicitations ! Que Dieu vous bénisse !

Message lu par Damiba recueilli par S.Z

 

Conférence islamique sur la paix : des participants apprécient de façon positive

A l’issue de la conférence qui a mobilisé des chrétiens et musulmans, des participants n’ont pas caché  leur satisfaction de cette initiative qui contribue à préserver la paix. Trouvez à travers ces lignes quelques appréciations de personnalités recueillies pour vous.  

1 Mahamadi Tao du CSA CD

Cheick Mahamadi Tao, président du Conseil supérieur d’Ahlul Bayt pour la culture et le développement au Burkina Faso (CSA/CD) : « Le thème sur la paix est très important »

Nous sommes venus participer à cette conférence islamique qui revêt d’une importance capitale car elle permet de véhiculer un message fort en islam qui est la paix. L’union et l’unité de tous les musulmans constituent aujourd’hui une nécessité absolue. Le conférencier a montré dans sa communication que  tous les musulmans doivent s’unir. Il a rappelé que les différentes structures créées ne doivent pas constituer des sources de division entre les musulmans. Ces structures doivent contribuer plutôt à promouvoir l’unité, l’entente et la paix entre les musulmans d’une part,  et de l’autre,  entre eux et leurs frères et sœurs des autres confessions religieuses. Dr Sana a insisté sur cela et montrer que les éminents intellectuels musulmans (imams, cheiks, docteurs, …) doivent jouer leur partition dans l’éducation de la jeunesse en faveur de la paix, de la solidarité et de l’union sacrée entre les musulmans. Il a indiqué que la recherche de la paix doit constituer une préoccupation pour tout le monde et chaque musulman doit contribuer à relever ce défi. Plusieurs éminents intellectuels musulmans ont balisé le terrain pour favoriser la pratique de  cette religion et nous devons nous rappeler d’eux et leur donner du respect et de la considération.

2 Cheich Sidi Mohamed Koné de la FAIB

Cheick Sidi Mohammed Koné, Secrétaire exécutif national de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) : «Nous devons agir dans le sens de la paix »

J’apprécie très positivement cette initiative de la CIJPMPP pour cette conférence sur la paix qui s’inscrit en droite ligne de la vision de la FAIB qui est de réunir l’ensemble des musulmans sur des initiatives qui encouragent des actions de paix. Et ça c’est à l’honneur des organisateurs surtout en ces moments difficiles où toute la communauté nationale doit demeurer soudée et solidaire. Parler de la paix renvoie à l’islam parce qu’étymologiquement, l’islam veut dire paix. Il faut répéter ça plusieurs fois pour que les jeunes puissent comprendre que nous devons agir dans le sens de la paix à tout moment et à tout endroit. Je salue l’exposé qui a été fait et qui avec une pédagogie hors pair permettra aux jeunes de comprendre la ligne qu’il faut pour instaurer définitivement la paix au Burkina Faso.

3 Cheich Souffi saluant la délégation de léglise catholique 2

Maurice Damiba, porte-parole de la délégation de l’Eglise catholique : « Nous sommes heureux que l’invitation nous soit arrivée »

Nous ne pouvons que féliciter les initiateurs de cette conférence qui vient à point nommé. Notre jeunesse est à la recherche de ses repères et de vraies valeurs. Il faut que nous fassions tout pour leur accorder le but de ses recherches. Nous sommes heureux que l’invitation nous soit arrivée et c’est pour cela que nous sommes venus, délégués par son éminence Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Les membres de la commission pour la promotion du dialogue islamo-chrétien organisent chaque mois pour le public, une rencontre et en priorité, nous invitons les couples mixtes (l’un est musulman, l’autre est catholique) pour que nous nous connaissions. A ces rencontres, nous demandons à un musulman et à un prêtre de venir soutenir une conférence sur un thème donné : par exemple, l’éduction des enfants, la vie sociale, etc. A part cela, nous organisons tous les 3 mois, des rencontres pour la formation des responsables du dialogue de différentes paroisses de notre archidiocèse. Il y a une trentaine de paroisses et nous les invitons pour une formation en moyenne tous les 3 mois. Et bien sûr, à chaque fois qu’il y a une rencontre avec nos frères musulmans, nous sommes là. Et à chaque fois que nous avons des manifestations, nous les invitons. En plus, à chaque fête de la Tabaski ou du Ramadan, nous participons à la prière, nous prions à notre manière mais avec eux et pour eux. Ensuite, nous rendons visite aux responsables dont le Moogho Naaba, Cheick Doukouré, l’imam Aboubacar Sana, et nous prions avec eux.            

Dramane Sanou, représentant du ministre d’Etat, Simon Compaoré

Au Burkina Faso, nous sommes dans une situation où le pays a besoin de la paix, de la sécurité, de la cohésion sociale et j’en passe. C’est pourquoi je salue la tenue de cette conférence islamique, je remercie les organisateurs pour le thème et la vision. A voir l’union des différentes communautés islamiques, cela traduit que l’union est de mise. Comme le dit l’adage, l’union fait la force mais également, l’union fait la nation. Je ne doute pas que sortiront de cette conférence, des bénédictions et des doua qui contribueront à faire du Burkina Faso, un pays de paix, de solidarité (…).  

Propos recueillis par Saïdou Zoromé

  Yaya Dama le nouveau président de lAEEMBLe nouveau président de l’Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina (AEEMB) a été installé dans ses fonctions, le mercredi 28 décembre 2016, à Ouagadougou. C’était en marge du XVIème congrès ordinaire de l’association tenu sous le thème « AEEMB, trois décennies d’existence : bilan et perspectives ».

L’Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina (AEEMB), a un nouveau président. Yaya Dama, c’est de lui qu’il s’agit, a pris officiellement fonction, le 28 décembre dernier à la faveur du XVIème congrès ordinaire de l’association. Celui-ci qui est titulaire d’une licence en anglais, de l’université Ouaga1, professeur, Joseph Ki Zerbo, mesure déjà l’ampleur de la mission à lui confiée et compte relever le défi. « Nous rendons grâce à Dieu qui nous a choisi pour diriger  cette  noble structure. Nous ferons l’effort de ne pas trahir la confiance que nos aînés ont mise en nous. Pour ce faire, nous allons donner le meilleur de nous-mêmes pour continuer ce combat que nos devanciers ont commencé », a rassuré le nouveau président. Et de préciser que son  mandat est placé sous le signe de la soumission, des engagements et du respect envers son prochain. Le nouveau président entend également tout faire pour consolider les acquis de l’AEEMB qui est une structure islamique œuvrant en collaboration avec les structures religieuses pour promouvoir le dialogue interreligieux au profit de la cohésion au Burkina Faso. Il compte mettre l’accent sur la formation des jeunes, le respect des textes de l’association en milieu scolaire, estudiantine ainsi que la promotion de la paix et du développement socio-économique du pays. « Nous sommes dans un contexte qui est marqué par l’extrémisme violent. Nous lutterons contre cette violence à travers la sensibilisation, la formation sur le civisme et l’éducation. Nous n’avons pas d’arme militaire, mais nous allons lutter contre le terrorisme par l’éducation, qui est l’une des grandes armes de l’humanité » a déclaré Yaya Dama. Il a été félicité par Halidou Ouédraogo, représentant le ministre en charge de l’administration territoriale qui a invité les membres de l’AEEMB à continuer à jouer leur partition au profit de la paix : « Je voudrais féliciter et encourager cette association, qui  œuvre depuis une trentaine d’années pour l’émergence d’une religion musulmane, comprise par tous ». Du reste, le représentant de Simon Compaoré a réaffirmé la disponibilité du ministère en charge des cultes à soutenir l’AEEMB pour toutes ses actions entreprises dans le sens des principes de paix et de tolérance prônés par la religion musulmane. 

Par Wakiyatou KOBRE

Légende

1 Yaya Dama qui succède à Ali Sawadogo, a rassuré les uns et les autres à travailler, pour ne pas trahir la confiance

Tuesday, 14 February 2017 18:36

SPORT: COUPE INSTITUT INTERNATIONAL AL MUSTAPHA

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Le groupe A dudit Institut conserve la coupe

coupe I IA l’occasion de la célébration du 38ème anniversaire de la République islamique d’Iran, l’Institut international al Mustapha au Burkina Faso a organisé le 12 février 2017 un match de football dont la finale a opposée le groupe A dudit Institut et le groupe A de la Medersa Khatamoul anebiyâ’i. Score final : 1 # 0 en faveur du groupe A de l’Institut international al Mustapha qui a remporté la coupe.

nouvelle équipe RIJLe Réseau d'initiatives de journalistes (RIJ) a tenu son Assemblée générale annuelle ordinaire le 28 Janvier 2017 au Centre national de presse Norbert Zongo à Ouagadougou. Au menu du programme le bilan moral, le bilan financier, les perspectives, la présentation de la médaille obtenue avec le Conseil supérieur de la communication (CSC) qui a fait du RIJ Chevallier de l’Ordre du Mérite des Arts, des Lettres et de la Communication. Le toilettage du document organisationnel du Réseau n’a pas été en reste, suivi du renouvellement des membres du Comité de Pilotage chapeauté par Mohamed Sanfo. La nouvelle équipe du comité de pilotage du RIJ est ainsi composé comme suit :

Le nouveau projet de loi sur les libertés religieuses au Burkina Faso continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. A peine adopté en Conseil des ministres que le contenu de ce projet de loi suscite déjà des polémiques qui enflent au sein de l’opinion publique avant sa soumission à l’Assemblée nationale par le gouvernement en vue de son adoption. Réactions de citoyens sur le contenu de la loi qui semble faire des grincements de dents qui se font entendre dans la ville de Ouagadougou.    

Yacouba Belemviré, économiste gestionnaire : « C’est un texte taillé sur mesure »

Yacouba Belemviré

Je ne vois pas l’importance d’un tel projet sur les libertés religieuses. Depuis nos ancêtres, le Burkina Faso était un exemple de coexistence pacifique. Je ne pense pas que faire une loi taillée sur mesure soit disant sur les libertés religieuses, c’est se tromper. Depuis un certain moment, les gens ont tenté de monter les religieux entre eux à travers études et écrits dans certains journaux mais les gens ont su raison garder pour éviter les conflits inutiles et pour faire rayonner davantage la cohabitation pacifique interreligieuse comme d’habitude. C’est vraiment avec une grande surprise que les autorités veulent tailler une loi sur mesure pour soit disant réglementer les libertés des religieux, c’est très osé. On fait un projet de lois comme s’il y avait un problème. Même s’il y avait un problème, ça ne vaut pas la peine d’aller jusqu’à l’Assemblée nationale. On connait les responsables religieux ou l’Observatoire nationale des faits religieux, on peut trouver des solutions à des problèmes s’il y en a à ce niveau et non au parlement.

Chériff Mamadou Coulibaly, communicateur : « Soyons sérieux quand on écrit une loi »

Cherif Mamadou CoulibalyC’est une bonne chose d’encadrer les libertés religieuses. Quand on parle de liberté religieuse, je la comprends comme le fait de savoir vivre sa religion sans pour autant dénoncer tout ce que nous avons comme acquis dans un Etat laïc. Nous savons qu’au Burkina Faso, les gens se donnent beaucoup de libertés. Mais comment encadrer ces libertés pour que nous puissions continuer à vivre sur le plan religieux mais dans une république qui a des normes et lois et qui permettent à chaque citoyen de vivre décemment. Les gens s’habituent souvent à des types d’habillement et de comportements qui pour eux sont des éléments qui traduisent mieux leur foi. Je pense à mon sens que la question n’est pas d’interdire ces comportements, le port de ces objets qui frise souvent le ridicule, mais comment amener les uns et les autres à vivre leur religion sans pour autant jouer sur la laïcité au Burkina Faso. Nous sommes dans un pays où l’administration est laïque, comment jouir de sa foi en restant dans une dynamique laïque. C’est toute la question et il faut encadrer ces genres de comportements pour que chacun puisse tirer le bon profit. Mais comme je le disais, ceux qui écrivent les lois doivent être beaucoup plus sérieux. Parce qu’en réalité, le port de la croix peut constituer un blocage ou irriter certaines personnes dans les bureaux, non. Mais ce qui est mauvais, c’est que dans les relations au sein du service, que la religion ne soit pas un frein, un blocage quelconque. Là, il y a un problème à ce niveau. Sinon si porter la soutane ou le voile n’a pas d’incident sur le rendement du travailleur, c’est quelque chose qu’il faut revoir à la norme. Il faut que chacun sache raison garder. Nous ne sommes en Orient, dans le Proche-Orient, ni en Israël, au Vatican, ni à la Mecque, chacun doit dans son comportement, dans ses attributs vestimentaires, tenir compte de la laïcité. Autrement dit, nous allons nous perdre avec ces genres de comportements.

Aliya Sinaré: « le projet de loi va créer un désordre »

Mme Aliya Sinaré

On a entendu parler du projet de loi sur les libertés religieuses mais je pense que ça va créer un désordre. Cela est sous entendu mais ce projet vise les musulmans. On sent que les gens cherchent une occasion pour mettre à mal la cohésion sociale que nous avons depuis longtemps. C’est une politique toujours dictée, voire imposée car je ne vois pas ce qui gène les gens. Quand on prend par exemple le port du voile en islam, moi qui suis dans cette situation ne peux pas l’abandonner. Si on demande à celle qui porte le voile de ne pas le faire pour venir travailler, ça pose problème car cela constitue une prescription de notre religion. Si on nous demande de ne plus porter le voile pour venir travailler, c’est comme si on nous empêchait de vivre dans la société et cela cause problème.

Moussa Sawadogo : « ce sera difficile de l’appliquer »

Moussa Sawadogo

Si le projet de loi peut contribuer à faire quelque chose de bien, on ne peut pas dire aux autorités de ne pas la faire. Sinon, ce sera difficile, voir impossible de vouloir interdire aux religieux de ne pas porter des accoutrements religieux. Il faut peut être en discuter avec les autorités religieuses mais je pense que ce sera difficile pour les musulmans par exemple d’abandonner le port de leur boubou. On ne peut pas par exemple interdire aux croyants adultes qui ont effectué le pèlerinage à la Mecque de ne pas porter leur boubou de El Hadj, ce n’est pas possible.

Oumarou Traoré (informaticien) : « ce projet de loi n’est pas la bienvenue »

Oumarou Traoré

C’est une loi qui va causer problème parce que je pense qu’il vise un groupe religieux. Au Burkina Faso, il y a toujours eu la coexistence pacifique entre tous les religieux, donc il faut préserver cela. Cette loi n’est pas la bienvenue. Tout le monde doit porter ce qu’il veut et pratiquer librement sa religion. Les musulmans peuvent voir toutes les procédures légales à leur disposition pour approcher qui de droit pour voir si leur voie peut être entendue.        

Propos recueillis par Saïdou Zoromé

Imam Ismael Tiendrébéogo

Le Conseil des ministres a adopté en sa session du 30 novembre 2016, un projet de loi portant libertés religieuses au Burkina Faso. Ce projet de loi aborde dans son contenu, l’exercice des libertés religieuses dont celles dans les services publics, traite des associations religieuses et énonce des sanctions en cas de manquements aux nouvelles dispositions. Il constitue « un texte assez dangereux pour les libertés religieuses ». Tel est le point de vue de Ismaël Tiendrébéogo, Imam de l’AEEMB-CERFI qui nous a accordé une interview, le vendredi 9 décembre 2016 à Ouagadougou.   

Al Mawadda : En tant qu’imam, quelle lecture faite-vous du projet de loi sur les libertés religieuses au Burkina Faso ?

Imam Ismaël Tiendrébéogo : Pour ce qui est du nouveau projet de loi sur les libertés religieuses, trois articles peuvent poser véritablement problème. Il y a les articles 25 qui reviennent sur la nuisance sonore liée au fait religieux. Ça tout le monde sait que c’est l’AZAN (appel à la prière) que l’on vise. Parce que quelle que part, les gens se sont convaincus que les autres confessions religieuses ont des sons plus acceptables que pour les musulmans. Autrement, il faudra définir le nombre de décibels au dessus duquel on va être dans l’illégalité. Si l’on va interdire tout ce qui est son (ndlr : bruit) venant des édifices religieux tels que l’on les entend autour de 5 heures pas forcément pour les musulmans, ça sera plus difficile pour l’Etat d’apprécier ça. Heureusement, ils ont dit que c’était à l’autorité administrative de gérer ça conformément aux lois et règlements en vigueur. Le deuxième point est l’article 49 en l’état s’il n’est pas modifié qui permet les signes religieux en dehors des lieux et heures de services. C'est-à-dire à contrario, pendant les heures de service, les signes religieux vont être interdits. On va peut-être parler du voile, on va estimer que d’autres signes de religieux sont beaucoup plus discrets que d’autres et que l’on peut laisser passer exactement comme cette hypocrisie que l’on a vue en France à savoir d’un côté, interdire les signes religieux ostentatoires et de l’autre, permettre des signes que l’on peut mettre sous le vêtement et que les gens portent au cou. Le 3ème aspect est que l’Etat se donne les moyens de réglementer les enseignements religieux, notamment l’Etat peut interdire l’enseignement ou la transmission de certains textes religieux. Cela est une atteindre grave à la liberté religieuse parce que si l’Etat doit décider de ce qui est admissible dans le domaine de l’enseignement religieux ou ce qui ne l’est pas, l’Etat se substitue véritablement aux autorités religieuses. S’il y a une disposition du code pénal ou une loi civile qui est démontée ou vis-à-vis de laquelle un texte religieux est en porte-à faux, ça c’est autre chose. Mais d’office, s’attribuer la possibilité en tant qu’Etat de réglementer ce qui peut être transmis ou pas du côté religieux, c’est une atteinte assez grave à la liberté des individus et dans aucun pays de par le monde, cela ne s’est vu. En France avec ce qu’ils ont comme l’état d’urgence, aux Etats Unis et un peu partout, jamais l’Etat ne s’est senti aussi puissant pour décider de quel enseignement pouvait être accepté ou pas au niveau de la religion.  Quand il y a des enseignements qui tombent sous le coup de la loi pénale, il faut voir parce que la constitution ne peut pas d’une part, garantir la liberté religieuse et que d’autre part, il y ait une loi par laquelle l’Etat se donne le droit de cisailler les enseignements religieux pour dire voilà ce que nous acceptons et voilà ce que nous n’acceptons pas.  

Les confessions religieuses ont-ils été impliqués dans l’élaboration du projet de loi ?

Il y a eu concertation mais le retour qui m’a été fait est que l’un des représentants de la Fédération des associations islamiques du Burkina Faso (FAIB) qui a dit que quand ils étaient à Koudougou pour un atelier de lecture participative inclusive à l’avant projet de loi auquel les communautés religieuses ont été invitées, ils ont voulu faire des commentaires sur des points mais apparemment, on ne les a pas écoutés selon ce qu’il m’a dit. Je sais également qu’au niveau de la FAIB, il y a une correspondance qui devait être adressée, je ne sais pas si elle sera écoutée. Au niveau de l’Observatoire national des faits religieux (ONAFA), on a demandé plusieurs fois le texte pour y jeter un coup d’œil parce qu’elle est l’émanation des structures faitières confessionnelles et dispose d’une autonome. Sinon, on pouvait confié aux confessionnelles religieuses la mission offerte à l’ONAFA. On a demandé ce texte et on ne l’a pas vu. Je pense que c’est un texte assez dangereux pour les libertés et c’est dommage que les musulmans, les religieux de façon générale ne perçoivent pas le danger. Parce qu’en réalité, si vous prenez les études sur le terrorisme, en France, on dit que c’est 0,02 pour cent des musulmans qui s’y sont impliqués.  Au niveau mondial, le Pentagone dit que c’est 0,2 pour cent de musulmans qui sont suspectés (pas convaincu) d’être des terroristes.  Il y a un rapport du Centre pour la gouvernance démocratique présidé à l’époque par Augustin Loada qui fait le profil des « terroristes » (entre guillemets) et qui dit qu’ils ont une pratique religieuse inférieure à la celle moyenne des musulmans. Si vous prenez un musulman ordinaire, ce qu’il fait comme pratique religieuse, les terroristes ne le font pas. Donc, cela veut dire que ce ne sont pas les plus excellents parmi les musulmans d’après ce critère. Du reste, les personnes qui souffrent le plus du terrorisme et qui en meurent le plus sont surtout des musulmans. Je suis étonné qu’une portion aussi infime (0,2%) soit suspectée (même pas convaincue) que l’on ait un profile de terroristes qui pratiquent moins bien que la moyenne des musulmans, que l’on ait davantage de musulmans qui soient victimes de ce terrorisme et que par-dessus, le marché, les gens profitent du terrorisme pour restreindre les libertés religieuses des autres. Je ne sais pas par quelle gymnastique cela peut se faire.

Que peuvent faire les autorités religieuses quand on sait que le projet de loi sera bientôt transmis à l’Assemblée nationale en vue de son adoption ?

Je ne sais pas ce que les autorités religieuses musulmanes comptent faire, mais ça été transmis à l’Assemblée nationale (AN). J’ose croire que l’AN est vraiment l’émanation du peuple et qu’elle sera soucieuse des répercussions négatives que cette loi pourra amener. Si on dit par exemple aux musulmans de ne pas faire l’Azan (l’appel à la prière), je me demande comment on peut expliquer qu’un musulman accepte que quelqu’un puisse faire du bruit dans sa cour parce qu’il a une cérémonie religieuse ou parce qu’il veut célébrer tel out tel évènement, ça va être difficile. Parce d’un coté, on ne peut dire à moi de ne pas faire du bruit et de l’autre, de supporter le bruit qu’un autre fait dans un autre cadre strictement laïc ou religieux que je vais accepter. Cela va amener les graines de la perturbation et l’absence de cohésion sociale.

« Ce projet de loi est spécialement dirigé contre les musulmans »

Les députés doivent avoir conscience de cet élément là. Même après l’adoption de la loi, les musulmans en tant qu’organisation, ou pris individuellement, peuvent attaquer la loi pour non-constitutionalité. Parce que si la constitution garantit la liberté religieuse et qu’en face, on a une loi qui donne à l’Etat, le pouvoir de cisailler les enseignements de la religion, cette loi posera fondamentalement problème quand à sa constitutionalité. Le 3ème élément est que les musulmans réalisent la fragilité de leur situation et qu’ils puissent mieux s’organiser ou ouvrir les yeux davantage sur ce qui est le rapport de force actuelle qui n’est pas forcément à la faveur des musulmans. Ce projet de loi est spécialement dirigé contre les musulmans.

Certains estiment que l’élaboration de ce projet de loi a été instrumentalisée, que dites-vous ?

Je ne saurais le dire parce que je ne sais pas ce qui a poussé à cela. Seulement, je constate que 0,2 pour cent de l’ensemble des musulmans du monde suspectés d’être des terroristes, ne peuvent pas contrebalancer les intérêts de 99, 8 pour cent  de la population musulmane, sauf que s’il y a quelque chose derrière. Quand on estime que les musulmans subissent déjà la majorité des dégâts causés par les terroristes, c’est une double punition. C’est comme si l’on dit que dans tel ou tel ethnie, l’on a retrouvé telle ou telle pratique et comme la loi a sévi contre la pratique, il faut punir toute la communauté en restreignant sa liberté. Ça va être choquant. Au niveau international, les gens ont travaillé à culpabiliser les musulmans. Quand on parle de terrorisme, il y a des musulmans qui se sentent tout de suite mal à l’aise. Moi, je n’aurai jamais ce complexe parce que je sais ce que ça recouvre comme notion. C’est une notion non définie et indéfinissable parce que les Etats ont des notions, des intérêts qui ne leur permettent pas de s’accorder sur ça. La représentante de la commission pour le développement et la promotion des droits humains qui a avoué son incompétence en 2001 quant à définir le mot meme terrorisme. Amnistie international préfère l’utiliser entre guillemets parce que l’on ne sait pas à quoi sa renvoie.

« L’Etat ne fait pas des efforts pour tenir compte des musulmans »

Donc, on a travaillé à culpabiliser les musulmans et souvent, vous avez en face, une ONG américaine, l’association internationale des médecins contre les guerres nucléaires qui a été pris Nobel en 1985 et deux autres ont fait le bilan que ce que l’on a présenté comme la lutte contre le terrorisme a tué plus de 1,3 millions de civils en Syrie, au Yémen, au Pakistan, en Afghanistan. C’est moins que ce que les terroristes ont fait. Je pense que l’Etat ne fait pas des efforts pour tenir compte des musulmans, dans beaucoup d’aspects. Vous avez par exemple un communiqué du ministère en charge de l’administration territoriale juste après les attentats de janvier 2016 qui dit que des citoyens mus par une colère compréhensible s’empennent à des barbus, à des voilés, etc. Mais quand un Etat républicain qui se respecte estime que le fait de s’en prendre à des voilés et des barbus qui n’ont rien à voir avec l’attaque, estime que ces attaques sont mus par une colère légitime, c’est une communication grave. On a vu après ces actes, l’Etat n’a posé aucune action dans le sens de punir ces actes de vindictes populaires qui ne s’expliquent pas. Pas cela n’est pas normal que l’on se rende justice, on a fait des campagnes à tout vent pour lutter contre l’incivisme, mais qu’est-ce que l’Etat dit quand on s’en prend à des gens simplement parce qu’ils sont voilés ou barbus. L’Etat n’a rien dit sur la question. Et récemment avec ce qui s’est passé à Koudougou, un communiqué de la direction de la communication de la gendarmerie qui dit que l’on a vu un individu enturbanné de blanc vêtu qui psalmodiait des sourates du coran. Ici il y a deux choses : soit le rédacteur ou le témoin direct de l’évènement est musulman et connait ce que ce sont les sourates et le coran soit, il n’est pas musulman et il ne peut pas prendre n’importe quelle formule pour sourate. Je lance le défi pour celui qui l’a dit qu’il dise exactement quelle est la sourate que la personne récitait. Souvent c’est malveillant parce que quand on dit aux gens que nous avons tiré sur la personne parce qu’elle refusait d’obtempérer, mais que par ailleurs elle remplissait les conditions pour nous effrayer parce qu’elle était enturbanné, elle était de blanc vêtu, elle récitait le coran, on envoie un message sublima au reste de la population pour dire que les enturbannés de blancs vêtu et les récitateurs de coran sont des dangers vis-à-vis desquels on faut réagir promptement. C’est ça qui me choque de la part de la communication du gouvernement mais malheureusement comme je l’ai dit, il n’y a pas eu une réaction de la part des musulmans et c’est dommage. Parce qu’en général, ça commence comme ça et c’est la porte ouverte aux brimades et aux discriminations qui sont déjà installées.          

Interview réalisée par Saïdou Zoromé 

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